EssCoop : un modèle de Coopérative d’Activités et d’Emploi

Date de publication : 14 mars 2019

Alternatives à la micro-entreprise ou au portage salarial, les Coopératives d’Activités et d’Emploi sont de plus en plus prisées. Elles permettent de bénéficier du statut salarié au sein d’entreprises partagées tout en menant une activité d’indépendant. Créée à Viry-Chatillon en 2012, l’EssCoop est l’une d’entre elles.

L’EssCoop s’est encore faite remarquer sur le territoire récemment. C’est elle qui a assuré le portage administratif de l’initiative Suri’Coop, lauréate du dernier appel à projets Économie Sociale et Solidaire de l’EPT. Les jeunes professionnels, réunis en coopérative éphémère, étaient ainsi déclarés juridiquement et salariés. C’est l’un des nombreux avantages des Coopératives d’Activités et d’Emploi (CAE), dont l’EssCoop est un modèle : chaque entrepreneur y est à la fois salarié. « C’est plus que du portage salarial : c’est vraiment notre entreprise partagée. Nous auto-gérons notre portage », résume Goulven Habasque, co-gérant de l’EssCoop. Chacun peut ainsi mener son activité indépendante tout en partageant un même numéro SIRET, etc., avec des pairs.

 

Des avantages humains, matériels et immatériels

« Ce qui est intéressant avec les CAE est que ça casse un peu la logique individualiste et l’isolement de l’entrepreneur, qui acquiert à la fois des droits », juge Morgane Raffet, Chargée de mission Économie Sociale et Solidaire pour l’EPT. Goulven Habasque abonde dans le même sens : « Le grand avantage est de pouvoir mener une vie d’indépendant en ayant à la fois une vie d’entreprise : échanger, apprendre, partager, transmettre… C’est de « l’entrepreneuriat coopératif ». Cela permet aussi de mutualiser les coûts, donc de profiter d’un appui et d’une logistique technique, juridique et comptable que chacun, indépendamment, ne pourrait pas se permettre. » Autre avantage, et pas des moindres : les références de ces structures. « L’ESScoop a déjà une antériorité, une solidité, une crédibilité auprès de potentiels clients ou autres. Quand un entrepreneur nous rejoint, c’est un gros point fort pour négocier ses premiers contrats. Finalement, chacun bénéficie de tout les acquis matériels et immatériels de l’entreprise. »

 

Comment ça marche ?

Dès l’entrée, l’EssCoop accompagne la création d’activité : « Les nouveaux-venus sont « en appui », c’est-à-dire en phase de mise au point de leurs projets : nous réfléchissons ensemble à leur viabilité. C’est pour nous une façon de pousser à la réussite. Ils bénéficient de l’aide, du support, des associés et d’un contrat Cape (Contrat d’appui au projet d’entreprise, ndlr). Certains nous quittent ensuite pour monter leur propre entreprise. D’autres restent et deviennent assez rapidement associés dans le cadre d’un CESA (Contrat Entrepreneur Salarié Associé, ndlr) », décrit Goulven Habasque. L’objectif – et l’obligation légale – est en effet de devenir associé au bout de 3 ans maximum.

L’EssCoop regroupe aujourd’hui 3 co-gérants, 17 associés actifs, une vingtaine de personnes en activité… « Environ la moitié des membres ont une activité tournée vers le bien-être : soins, développement personnel, alimentation, sophrologie, yoga… Il y a aussi pas mal d’activités de services aux entreprises, de conseil, d’expertise : conseil en communication, ressources humaines, assistance à maîtrise d’ouvrage, etc… » Le nombre d’activités comme d’entrepreneurs salariés et/ou associés est, lui, illimité : Coopaname, la plus connue des CAE franciliennes, fédère aujourd’hui environ un millier de personnes. Créée en 2012 à Viry-Chatillon, l’EssCoop en est une émanation. Si elle s’est implantée depuis 18 mois à Sainte-Geneviève-des-Bois, rien n’interdit des porteurs de projets du Grand-Orly Seine Bièvre de la rejoindre. L’EssCoop intervient d’ailleurs régulièrement sur le territoire, par exemple pour des réunions d’information. La prochaine est prévue en avril à Athis-Mons.