Environnement Souvenirs d'éclipse

Nous étions nombreux mercredi 12 août, nos lunettes d'observation sur le nez, postés au bord des pistes de l'aéroport d'Orly pour observer ce phénomène rare. Retour en images et en mots sur cet instant suspendu.

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Mercredi 12 août 2026 restera une date gravée dans la mémoire de beaucoup d'entre nous. Nous étions pour notre part au parc Gaston-Jankiewicz à Paray-Vieille-Poste, à l'invitation de la Maison de l'environnement du Grand-Orly Seine Bièvre, où l’éclipse a offert un beau spectacle dans un ciel sans nuage pendant près de deux heures. Reportage.

Illustré par Sylvain Lefeuvre, photographe au Grand-Orly Seine Bièvre

18h30

Pas facile de trouver où poser son derrière dans le joli parc Gaston-Jankiewicz, à Paray-Vieille-Poste. Qu'à cela ne tienne, serrons-nous ! Cette promiscuité complice a des airs de rassemblement de Coupe du monde de football avec, en lieu et place de l'écran géant, les pistes de l'aéroport d'Orly et au-dessus : le ciel, parfaitement bleu. Pas un nuage.

19h

Certains sont venus avec un siège trois pieds, d'autres avec des transats. Mais la plupart sont assis à même le sol ou patientent debout, au pied du mur délimitant le parc et les pistes de l'aéroport. On pique-nique en famille sous les arbres, ou au soleil à l'extérieur du parc, le long de la piste cyclable. C'est là que nous nous sommes posés, à l'ombre des hauts épis du champ mitoyen (de quoi ? Nous cherchons encore), étirée par le soleil rasant.

On joue au Uno en attendant l'heure, on croque notre sandwich en papotant tandis que les petits tapent la balle en se prenant pour Mbappé et Lamine Yamal. Ils refont le match, on préfère en rire. Entre adultes on se sourit, on blague du stress exagéré de certaines personnes qui semblent craindre que le soleil ne brûle même quand on ne le regarde pas. On s'offre des lunettes d'observation ("j'ai une paire en trop, prenez-là : vous pourrez regarder tous en même temps"). On s'étonne de ne rien voir à travers quand on regarde autre chose que le soleil, "C'est super filtrant en fait !".

19h15 

On a tous des drôles de têtes, on ne va pas se mentir. Des têtes entre Doc dans Retour vers le futur 2, Geordi La Forge dans Star Trek et les Minions. Mais si on veut garder nos yeux, on s'en fiche du look : "Remets-les tout de suite sur ton nez !"

Quand soudain : "Ça a commencé !", entend-on. Tout le monde chausse ses lunettes. Les visages se tournent dans la même direction, réchauffés par une lumière orangée de fin de journée. 

"Le Soleil a rendez-vous avec la Lune" chante notre voisine, et c'est exactement ça ! 

La Lune progresse doucement mais sûrement, dessinant petit à petit un "croissant de soleil", pour reprendre l'expression de notre minipouce, 6 ans, qui s'éclipse (!) aussitôt reprendre sa partie de foot.

20h10

Le climax approche, le moment où le taux d'obscuration atteint son maximum (92,2 % ndlr). 

Quelle drôle de lumière ! C'est comme une lumière de petit jour. En fait non, plutôt une lumière grise. Un peu comme les effets spéciaux au cinéma pour faire croire qu'on est la nuit alors que les scènes sont tournées le jour (les coquins).

21h

Voilà c'est fini. On entend ici et là un peu de déception : on croyait qu'il ferait d'avantage sombre, la Lune n'était pas PARFAITEMENT devant le soleil, c'était mieux en 1999...  On traine les pieds pour repartir : il fait à nouveau jour et on a envie de rester un peu. C'était court et long en même temps, on était bien.

Quel souvenir on garde de ce moment ? Celui d'une incroyable communion avec tous ces gens autour de nous, liés par notre coexistence sur la Terre, par notre curiosité devant ce phénomène astronomique rare. Celui de se sentir ensemble, si petits dans l'espace.